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Espaces de naturalité en ville : rôle pour la biodiversité et le bien-être habitant


Financement
Programme interdisciplinaire de recherche Ville et Environnement (PIRVE), CNRS/MEEDDM, 2008-2010

Responsable
Marianne Cohen

Participants
Participants Ladyss
Laurent Simon
Michel Godron (associé)

Participants Ladyss contractuels
Étienne Grésillon
Chantal Rémon

Participants non Ladyss
Raymond Baudoin, Sébastien Filoche (CBNBP-MNHN)
Milena Palibrk (Pôle Image, Université Paris Diderot)
Catherine Rhein (UMR Géographie-cités)

Mots-clés
nature, ville, bien-être

Axe de recherche du Ladyss auquel le programme se rattache
Axe 3 : L’environnement vers un nouveau paradigme ?

Présentation et objectifs du programme
Le programme, qui associe des géographes, un écologue, des botanistes et un statisticien, a pour objectif de comprendre les relations entre les habitants et la « nature » (approchée par sa composante végétale), au sein d’un paysage urbain hétérogène. Dans quelle mesure les services écosystémiques offerts par la flore viennent-ils renforcer, ou au contraire atténuer, les inégalités socioprofessionnelles ? L’approche associe deux échelles, la ville et le petit quartier, et plusieurs techniques et méthodes : enquêtes qualitatives et questionnaires, focus group, utilisation de grandes bases de données (FLORA, APUR, INSEE), géomatique, statistique multivariée.

Principaux résultats
La préservation de la biodiversité et la qualité de vie des citadins sont deux enjeux importants pour promouvoir la ville durable, à l’heure de la concentration démographique dans les villes et de leur étalement. Alors que la plupart des études d’écologie urbaine sont conduites le long de gradients urbain-rural, nous avons choisi de travailler dans un cœur d’agglomération, dense et malgré cela très valorisé (« paradoxe haussmannien »), afin de vérifier si les espaces de naturalité, éléments de la mosaïque urbaine contenant de la flore spontanée, y apportent des services écosystémiques pour les citadins de façon équitable.
À l’échelle de la Ville de Paris, une analyse spatiale des relations entre les communautés végétales, la morphologie urbaine et le profil socioéconomique des ménages est conduite par le SIG et les statistiques bivariées et multivariées, en s’appuyant sur des bases de données (FLORA, INSEE, APUR). L’analyse des correspondances multiples montre que chaque classe de communauté végétale, de richesse floristique et diversité écologique, est associée à un type de morphologie urbaine et à un profil socioéconomique des ménages. En revanche, il n’y a pas de relation linéaire entre la richesse des ménages, la richesse floristique et la diversité écologique. La proximité aux espaces verts ne profite pas seulement aux ménages aisés. Les quartiers haussmanniens denses situés à l’ouest sont habités par des ménages aisés, les communautés végétales y ont de faibles fonctionnalités écologiques. Inversement, les quartiers orientaux et périphériques sont habités par des ménages de moindre revenu, on y trouve des communautés végétales diversifiées. La présence de végétation spontanée dans l’espace public atténue donc les inégalités spatiales liées aux différences de revenus et de professions.
À l’échelle locale, deux quartiers sont choisis en fonction de la présence dans leur tissu urbain d’espaces de naturalité et de leur composition socioprofessionnelle opposée, l’un étant habité par des ménages moyens à modestes (20e arrondissement), l’autre par des ménages plutôt de cadres supérieurs (15e arrondissement). Deux types de données ont été collectés : la flore spontanée et domestique rencontrée dans les espaces de naturalité et les jardins privatifs et publics (5 types d’habitats), des données d’enquêtes se référant aux pratiques et à la perception des habitants et des gestionnaires vis-à-vis de cette flore (enquêtes qualitatives, focus group et questionnaires). Les cortèges végétaux s’opposent selon un gradient dépendant de la proportion d’espèces spontanées et exotiques. Les jardins contribuent très fortement à enrichir le milieu urbain en espèces végétales, et dans des proportions qui sont moins défavorables aux espèces spontanées qu’attendu (rôle des « jardins naturels »). Les habitants ont un rapport sensoriel à leur jardin (privatif, voire même aux jardins publics « naturels »), alors les friches fleuries ne sont appréciées que par la moitié des personnes interrogées. L’opposition entre biodiversité exotique et spontanée, entre jardins et autres espaces de naturalité plus spontanés, ne correspond pas forcément à un rapport vécu à la biodiversité, certains habitants ne semblent pas mettre en discontinuité dans leurs représentations espaces naturels et espaces culturels contenant de la végétation. Ces pratiques et représentations des habitants vis-à-vis de la végétation urbaine ne dépendent ni de la catégorie socioprofessionnelle ni des revenus. Ces résultats revêtent une grande signification à l’heure de la mise en place du Plan Biodiversité par la Ville de Paris. Ils montrent qu’elle recèle des espaces de naturalité de qualité, qu’ils contribuent à une atténuation des contrastes spatiaux liés aux inégalités socioéconomiques, et qu’ils sont appréciés de certains citadins, qui les considèrent non seulement comme des espaces de rapport sensoriel à la ville mais également comme des espaces pédagogiques destinés à la découverte de la nature par les jeunes générations.

Bilan quantitatif des publications

Articles 1 (soumis)
Communications 4
Autres publications scientifiques (mémoires) 5


Partenaires
CNRS
Université Paris Diderot
Conservatoire botanique national du Bassin parisien, Muséum national d’histoire naturelle (CBNBP-MNHN)




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