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Axe de recherche 1 - Recompositions socio-spatiales dans la globalisation

Objectifs scientifiques


Le projet de recherche quinquennal de l’axe 1 s’articule autour de la problématique des recompositions sociales et spatiales dans le contexte de la globalisation. Tout en reprenant le thème favori de l’axe, celui de la mondialisation et des phénomènes multidimensionnels (politiques, économiques, sociaux…) et multiscalaires (macrorégionalisation, interactions global/local) qui l’accompagnent, notre ambition est de le faire évoluer vers l’étude des réponses théoriques et pragmatiques apportées aux dysfonctionnements de la globalisation, stade ultime de la mondialisation : creusement des inégalités sociales et territoriales, crises financières, crises alimentaires, extension des « lieux en guerre ». La question centrale est donc de comprendre et de caractériser les processus par lesquels se construisent ces réponses, dans une double optique. La première, théorique, consiste à porter un regard critique sur les discours et les pratiques de la globalisation. Il s’agit ainsi de tester l’hypothèse selon laquelle ce qui se joue à travers la globalisation est un changement de système qui transcende la notion de territoire et de région. Cette réflexion sera complétée par des études empiriques des réponses émergentes au niveau local face aux différentes injonctions de la globalisation (politiques, économiques, sociales, écologiques, symboliques) que l’on retrouve plus globalement dans l’injonction du développement durable. L’enjeu sera de mettre en évidence des formes d’innovation sociale qui naissent sur des aires géographiques et culturelles irréductibles aux grands ensembles politiques.

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L’intérêt porté à la notion de globalisation dans le prochain contrat ne traduit pas l’effet d’un simple glissement sémantique mais la nécessité de mieux problématiser la notion de mondialisation et de la définir en lien avec les nouvelles réorientations du développement qui l’accompagnent. En effet, si la mondialisation n’est pas un phénomène nouveau, la globalisation en constitue une phase spécifique qu’il convient d’appréhender dans la complexité de ses enjeux politiques, économiques, sociaux, éthiques.

D’un point de vue politique, la globalisation consacre l’entrée depuis quelques années de nouveaux acteurs dans la mondialisation, à côté des grandes puissances traditionnelles : les pays émergents, les firmes multinationales, les organisations non gouvernementales, les territoires, les cultures et les médias. Leur action a tendance à contourner l’échelon national, l’exposant à de multiples tensions qu’il convient d’étudier. Si l’espace politique régional (UE/Euromed, ALENA) ou sous-régional (Maghreb, Afrique de l’Ouest, Arctique) fondé sur la proximité géographique demeure un objet intéressant, il convient d’étendre l’analyse à des processus de construction de nouvelles alliances qui ne recouvrent pas forcément cette logique (ex. les BRICs). La (macro)région constitue ainsi un des champs possibles parmi d’autres pour comprendre comment se nouent et se stabilisent les compromis dans la globalisation à travers les discours et les interactions entre groupes d’acteurs organisés. De même, l’échelle du local (micro-région) offre un cadre important pour la compréhension des formes de réponses apportées par les collectivités et les individus aux différentes injonctions issues de la diffusion de normes et modes de gouvernance imposés par le global (par exemple, Unesco) et qui peuvent déboucher sur la formation de nouveaux territoires de projet.

Dans la sphère économique, le concept anglo-saxon de « globalisation » véhiculant l’idée d’opérationnalité et de rationalité, initialement réservé aux analyses sur les nouvelles technologies, s’est propagé depuis les années 1980, grâce notamment aux travaux de certains économistes américains portant sur la globalisation des marchés et les « firmes globales » (Levitt, 1983 ; Ohmae, 1985). La globalisation apparaît alors comme une force objective, naturelle, qui transforme la réalité et s’impose aux acteurs qui ne peuvent alors que s’y inscrire. Cette vision tend à instituer l’idéal d’un modèle unique de capitalisme, l’économie libérale de marché, vers lequel tous les pays devraient converger en transposant des institutions économiques ayant fait leurs preuves dans d’autres contextes socio-historiques et géographiques. L’intégration régionale a parfois joué le rôle de catalyseur de ce processus, comme dans le cas de l’adhésion des pays est-européens à l’UE, donnant lieu à un modèle de développement fortement dépendant de l’extérieur. Cette extraversion poussée, considérée très positivement dans les années 2000, a montré ses limites après la crise de 2008 conduisant ainsi à s’interroger sur la notion de transition économique dans le contexte de la globalisation.

D’un point de vue social, la globalisation traduit une situation dans laquelle un « acteur non social par excellence » – le capital financier, prend la place des acteurs sociaux (Touraine, 2010). Les crises financières qui en résultent sont, elles aussi, globales et posent la question du nécessaire rééquilibrage des forces constitutives du capitalisme actuel face aux inégalités (salariales, régionales ou d’accès aux ressources), rééquilibrage dont l’échelle ne peut être déterminée a priori. Alors que les « villes globales » sont des lieux où coexistent deux « classes sociales globales », à savoir les élites transnationales économiques et politiques, « la nouvelle classe globale des désavantagés » est, quant à elle, plus diffuse et réticulaire (Sassen, 2007). En même temps, comme le montre notamment le Printemps arabe, une partie de cette classe est capable de se saisir des avancées technologiques de la globalisation pour former de nouvelles « communautés » aspirant à plus de justice sociale.

Enfin, d’un point de vue éthique, on peut se demander si l’on voit se dessiner les contours d’une éthique globale prônant l’équité – comme par exemple celle portée par la notion de développement durable – ou bien si l’internationalisation des normes de justice est le simple produit des rapports de force entre nations. D’une certaine manière, ces normes n’existent pas plus que la justice elle-même ; elles sont au mieux un idéal-type régulateur de l’action humaine ; dès lors leur constitution ne peut être qu’un travail collectif. Les normes internationales ne pourront être admises qu’à partir du moment où les institutions ainsi que les modes de prise de décision seront démocratisés.

Les recherches menées dans le cadre de l’axe 1 seront abordés selon quatre types d’approche :
- Une approche pluridisciplinaire de la globalisation appréhendée comme phénomène complexe ;
- Une approche historique et généalogique centrée sur les processus et les rapports dynamiques des acteurs et des territoires (phénomènes de path dependence/path shaping, innovations sociales, …) ;
- Une approche comparative à différentes échelles (villes/campagnes, Nord/Sud, Est/Sud…) ;
- Une approche pragmatique et empirique fondée sur des analyses de terrain et l’observation des phénomènes émergents.

Trois thèmes de recherche seront développés :
1) Approches critiques des discours et des pratiques de la globalisation
2) Nouvelles formes de gouvernance et gestion durable des territoires
3) Diversité des entreprises et des modes de coordination en Europe




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