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Séminaire de l’Atelier 6 "Spatialité du Vivant, du geste intime au façonnage collectif des milieux" du Ladyss (année 2018-2019)


Ce séminaire souhaite interroger les pratiques, représentations, métaphores, expériences envers les vivants qui réfutent le grand partage supposé entre nature et culture. Ainsi nous souhaitons porter l’attention sur les expériences de natures vécues par les individus et les collectifs dans une diversité de socio-écosystèmes. Nous regarderons la diversité des savoirs, les façons dont les connaissances se construisent (sans préjuger de qui apprend à qui) ; comment elles se transforment et circulent dans l’espace public et privé. Nous étudierons comment les lieux comme les êtres font présences et quels indices s’offrent aux humains pour les saisir. Une réflexion particulière sera donné aux liens entre corporéités de l’expérience et spatialités ainsi que leurs implications éthiques ; ou pour le formuler autrement aux temps des catastrophes : quelles co-habitations entre corporéités humaines et territoires seraient à la hauteur des enjeux de justice et politiques écologiques de la Terre ? L’une des pistes identifiées serait de proposer d’autres façons de ressentir et de transmettre l’expérience vécue pour sortir de l’oculocentrisme dominant. Ces travaux s’inscrivent dans une perspective de renouvellement des méthodologies des sciences sociales et des humanités environnementales empruntant aux arts et à la création, dans une perspective située.

Participants du LADYSS : Nathalie Blanc, Jean Gardin, Etienne Gresillon, Clelia Bilodeau, Denis Chartier, Aurélien Cohen, Joanne Clavel, Jean-François Jullien, Nathalie Lemarchand, Blandine Veith, Igor Babou et tous les membres du LADYSS et doctorants curieux.

Organisation/contact : Joanne Clavel : joanne.clavel@cnrs.fr

Jeudi 20 décembre 2018 10h-12h30
Intervenant : Jérémy Damian, Postdoctorant, Univ. Grenoble Alpes, PACTE
Titre : Les inappropriables / Des cosmodélies. Formes et styles d’attachement « au monde ».
Lieu : Université Paris Diderot, Bâtiment Olympe de Gouge, salle 870.
Pour en savoir plus sur cette séance, cliquer ici

Mardi 22 janvier 2019 14h-16h30
Intervenant :Christelle Pineau, Docteure en anthropologie sociale et ethnologie.
Titre : Attention vins sensibles !
Quand la « nature » suppure des bouteilles et
suture les corps social et animal
.
Des vins dits de nature ont récemment fait irruption dans le champ des sciences humaines et sociales. Fruits de l’articulation des savoirs issus des sciences de la raison et du sensible, ils forcent les lignes des catégories instituées. Leurs auteurs, en quête de nouveaux liens avec le milieu défrichent des nouveaux chemins de connaissance en termes agricultural et spirituel, réactualisent des pratiques anciennes qui se traduisent comme une réhabilitation des sens, et une opération de rééquilibrage entre corps social et corps animal (Leroi-Gourhan)..
Lieu : Université Paris Diderot, Bâtiment Olympe de Gouge, salle 864.

Jeudi 21 février 2019 13h45-16h15
Intervenant : Igor Babou, Professeur en Sciences de l’Information et de la Communication de l’Université Paris 7, LADYSS.
Titre : Spatialité des interactions et composition des mondes :
Territoires, déplacements et légitimités

La vie des collectifs, humains comme non-humains, se déroule au sein de systèmes d’interactions. Mais la notion d’interaction prend des sens bien différents selon les traditions disciplinaires qui ont abordé ce type de phénomène. Or, si l’on veut avancer au plan théorique comme au plan pratique et politique dans une nouvelle "composition des mondes", intégrant aussi bien les sociétés humaines que les collectifs non-humains et les dimensions matérielles de leurs environnements respectifs, il faudra bien penser l’interaction sur des bases moins dispersées que celles que les traditions disciplinaires nous ont léguées. En m’appuyant aussi bien sur des analyses de discours que sur des travaux ethnographiques, je présenterai quelques pistes permettant de penser les interactions en les ancrant dans des territoires (physiques et/ou symboliques) et en articulant l’observation des déplacements et des légitimités qui se construisent ou se représentent dans ces situations. Mon espoir est d’avancer en direction d’une conceptualisation faisant le lien entre sciences des textes (via le concept d’énonciation), sciences sociales (interactions communicationnelles, interculturalité, etc.) et sciences du vivant (interactions entre espèces).
Lieu : Université Paris Diderot, Bâtiment Olympe de Gouge, salle 870.

Mercredi 20 mars 2019 14h-16h30
Intervenant : Alix Levain, Anthropologue de la nature/sociologue, Chargée de Recherche CNRS, Brest. UMR AMURE (Aménagement, usages, ressources des espaces littoraux et marins)
Titre : D’ici ou de partout ? La tension entre indicéité et iconicité en matière de pollutions marines.
Au sein des milieux marins naissent, circulent, voyagent et meurent des espèces dont le rapport au temps et à l’espace se laisse difficilement capturer. Depuis longtemps posée pour ce qui concerne les espèces pêchées, la question de la territorialité des espèces marines se pose aussi aujourd’hui pour les espèces non désirées, comme les algues proliférantes. Nous explorerons les propriétés iconiques de ces proliférations, en tant que point de cristallisation d’une inquiétude environnementale globale, et la façon dont ces propriétés rencontrent les tensions sociales qui traversent leurs territoires d’échouage d’élection.
Lieu : Université Paris Diderot, Bâtiment Olympe de Gouge, salle 870.

Jeudi 18 avril 2019 10h-12h30
Intervenant : Thomas Tilly, Musicien.
Titre : Discussion autour du projet de recherche-création Codex Amphibia.
Codex Amphibia est un projet issu d’une collaboration entre l’artiste Thomas Tilly et le chercheur Antoine Fouquet lors d’une étude de terrain en Guyane en 2016.
« Appréhender la communication animale implique une mesure de ses propres interprétations, et de raisonner au travers de signaux et de comportements. C’est une démarche qui impose de se projeter dans le non-humain, d’essayer d’en décoder des fragments. » Thomas Tilly.
Codex Amphibia, (an interpretation of the explosive breeding phenomenon) (2016) a été soutenu par le Lieu Multiple et Jazz à Poitiers, a bénéficié d’une commande du Centre national de création musicale Césaré et a été portée par le Studio d’en haut.
La seconde phase du projet Codex Amphibia (phonotaxis), en 2018, a bénéficié d’une bourse “Investissements d’Avenir” de l’Agence Nationale de la Recherche (CEBA, ref. ANR-10-LABX-25-01) et a été portée par le Studio d’en haut.
Lieu : Université Paris Diderot, Bâtiment Olympe de Gouge, salle à préciser.

Jeudi 23 mai 2019 14h-16h30
Intervenant :Clara Breteau, Doctor of Philosophy in french studies. University of Leeds. .
Titre : POÈME : la POïesis à l’Ère de la MEtamorphose.
À partir de l’étude sur le terrain d’une série de lieux de vie autonomes détachés de la société de consommation, cette thèse examine la façon dont le développement de l’autoproduction et d’un mode de faire « poïétique » ouvert au hasard et au vivant donne un visage concret au leitmotiv de « l’habitation poétique du monde », abordé jusqu’à ce jour en sciences humaines de manière essentiellement théorique. À travers la notion de « poétique » et sa racine grecque de poïesis — étroitement liée à l’idée de transformation de la matière physique — nous formulons une interrogation sur le lien entre les productions langagières et culturelles et la matérialité des modes de vie incarnant une recherche d’émancipation socio-économique.
Alors que les habitats autonomes se démarquent par une prolifération d’enchevêtrements métaboliques, une série de feuilletages, tissages et enchâssements entre l’intérieur et l’extérieur, l’humain et le non-humain, la matière et la signification apparaissent — autant de nexus entre le corps et le sens qui émergent dans le sillage de la reconnexion au milieu naturel. Les maisons autonomes peuvent alors être considérées, pour reprendre une formule de Jean Giono, comme des « personnalités-toiles », et le mode de vie qui leur est associé comme un véritable « métier à tisser ».
Elles lèvent alors le voile sur ces minuties et ces dentelles si facilement oubliées ou détruites qui rapprochent l’être humain du trichoptère, ce petit animal utilisé par les joailliers pour les fourreaux de pépites d’or minuscules qu’il tisse autour de son corps. Placée sous le signe de cet animal-totem, cette thèse porte sur l’assemblage et le maintien souterrains et quotidiens de cette cuirasse d’or. Elle entreprend ce faisant de démontrer de manière inédite, à l’échelle des habitats autonomes et au-delà, la nature très incarnée — et donc très politisée — du langage et de l’imagination.
Lieu : Université Paris Diderot, Bâtiment Olympe de Gouge, salle 870.




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